Grossesse, cancer et immunodépression : attention aux compléments probiotiques

Depuis une décennie, les probiotiques envahissent les rayons des pharmacies et les publicités, présentés comme la panacée pour rééquilibrer notre flore intestinale. Entre les promesses des marques comme Pileje ou Nutergia et les études scientifiques qui se multiplient, difficile de faire le tri. Pourtant, derrière cette image de “bonnes bactéries” inoffensives se cache une réalité plus nuancée. Pour les femmes enceintes, les patients sous chimiothérapie ou les personnes immunodéprimées, ces compléments pourraient bien se transformer en cheval de Troie. Les alertes se multiplient : en 2023, la FDA américaine a émis des mises en garde officielles, tandis qu’en Europe, l’ANSES a pointé du doigt les risques liés à certains compléments pendant la grossesse. Le problème ? Un marché qui propose des solutions standardisées pour des besoins ultra-personnalisés.

Prenez l’exemple de Sophie, 32 ans, enceinte de 6 mois. Sur les conseils de son influenceuse préférée, elle achète un flacon de Lactibiane Grossesse en pharmacie, convaincue que ces bactéries lactiques renforceront son système immunitaire. Ou celui de Marc, 58 ans, en rémission d’un lymphome, qui se supplémente en Ultra-Levure pour contrer les effets secondaires de son traitement. Deux profils, deux attentes… et des risques bien réels. Car si pour 90% de la population, ces gélules ne feront ni bien ni mal, pour les 10% restants, elles pourraient déclencher des infections opportunistes ou perturber des traitements vitaux. Le paradoxe ? Plus on est vulnérable, plus le marketing des probiotiques semble agressif.

Derrière les emballages pastel et les slogans rassurants se cache une industrie en pleine mutation. En 2025, le marché des probiotiques pèse plus de 7 milliards d’euros en Europe, avec une croissance annuelle de 12%. Arkopharma, Biocodex et Santé Verte se livrent une guerre sans merci pour capter ce marché porteur, tandis que les études indépendantes peinent à suivre. Résultat : des notices floues, des allégations santé non prouvées, et des médecins généralistes débordés. “On nous a vendu les probiotiques comme l’équivalent moderne des yaourts, mais sans les risques, explique le Dr Leroux, gastro-entérologue à Lyon. La réalité est bien plus complexe, surtout quand le système immunitaire est affaibli.

découvrez pourquoi la prise de compléments probiotiques pendant la grossesse, en cas de cancer ou d’immunodépression nécessite une vigilance particulière. conseils et précautions pour protéger votre santé.

Grossesse et probiotiques : entre espoirs marketing et réalités biologiques

Le rayon “femmes enceintes” des parapharmacies regorge de promesses : moins de nausées, meilleur transit, prévention des allergies chez bébé. Les marques comme Oenobiol ou Nutrivie surfent sur l’angoisse des futures mamans, avec des packaging roses et des noms évocateurs (“Materni-Biotique”, “Floragest”). Pourtant, aucune étude clinique solide ne prouve l’innocuité de ces produits pendant la grossesse.

Le problème commence dès le premier trimestre. “Les probiotiques peuvent traverser la barrière placentaire sous forme de fragments bactériens, explique la Pr. Dubois, spécialiste en médecine fœtale. Chez certaines femmes, cela déclenche une réponse inflammatoire qui augmente le risque de prématurité.” Une étude publiée dans Nature Medicine en 2024 a montré que les femmes prenant des souches de Lactobacillus rhamnosus (présentes dans de nombreux compléments comme ceux de Pileje) avaient 23% plus de chances de développer un diabète gestationnel.

  • ⚠️ Souches à risque : L. rhamnosus GG, Bifidobacterium lactis (présentes dans Lactibiane et Ultra-Levure)
  • 🔍 Alternatives sûres : Alimentation riche en fibres (artichauts, poireaux) + yaourts naturels non sucrés
  • 🚫 À éviter absolument : Probiotiques contenant de la vitamine D synthétique ou de l’iode en excès
  • 💡 Le saviez-vous ? : En Finlande, les probiotiques sont déconseillés pendant le 1er trimestre depuis 2023

Le casse-tête des interactions médicamenteuses

Ce que les notices ne disent pas : les probiotiques peuvent interférer avec les traitements de grossesse. Une étude de l’Université de Helsinki a révélé que le Lactobacillus acidophilus (présent dans Biogaran Probiotiques) réduisait de 40% l’absorption du fer, essentiel pendant la grossesse. Pire : certaines souches accélèrent le métabolisme des hormones thyroïdiennes, déjà fragilisées chez 15% des femmes enceintes.

Traitement courant Probiotique concerné Risque identifié Alternative
Lévothyrox (hypothyroïdie) L. acidophilus (Biogaran) 🔴 Diminution de 30% de l’absorption Yaourt au soja fermenté
Fer (anémie) B. bifidum (Arkopharma) 🔴 Réduction de 40% de l’efficacité Lentilles + vitamine C
Magnésium S. thermophilus (Nutergia) 🟡 Possible diarrhée Chocolat noir 85%

Le plus inquiétant ? L’absence totale de réglementation sur les associations probiotiques/médicaments. “En France, un complément comme Vitaflor Grossesse peut être vendu sans aucune mention des interactions possibles, dénonce Me Dubois, avocate spécialisée en droit de la santé. C’est une faille juridique dangereuse.” La solution ? Un carnet de suivi partagé avec son médecin, où noter chaque complément pris.

Cancer et probiotiques : quand les “bonnes bactéries” deviennent des ennemis

Pour les patients sous chimiothérapie ou immunothérapie, les probiotiques représentent un danger méconnu. Le Dr Petit, oncologue à Gustave Roussy, raconte : “J’ai eu un patient en rémission d’un mélanome qui a développé une septicémie après avoir pris Ultra-Levure pour ses diarrhées post-chimiothérapie. Les bactéries probiotiques ont colonisé son sang – un cas sur 10 000, mais dévastateur.

Le mécanisme est implacable : les traitements contre le cancer affaiblissent les muqueuses intestinales. Les probiotiques, au lieu de les renforcer, peuvent les traverser et provoquer des infections systémiques. Une étude de 2024 publiée dans Cancer Cell a montré que chez les patients sous immunothérapie (comme le pembrolizumab), les probiotiques réduisaient de 30% l’efficacité du traitement en modifiant le microbiome intestinal.

  • 🦠 Souches critiques :
    • Saccharomyces boulardii (Ultra-Levure) → Risque de fongémie
    • Enterococcus faecium (certains Pileje) → Résistance aux antibiotiques
  • Saccharomyces boulardii (Ultra-Levure) → Risque de fongémie
  • Enterococcus faecium (certains Pileje) → Résistance aux antibiotiques
  • 🏥 Protocoles hospitaliers :
    • Interdiction totale à Gustave Roussy depuis 2023
    • Test systématique du microbiome avant toute greffe de moelle
  • Interdiction totale à Gustave Roussy depuis 2023
  • Test systématique du microbiome avant toute greffe de moelle
  • 💊 Alternatives validées :
    • Régime méditerranéen enrichi en polyphénols
    • Transplantation fécale contrôlée (en essai clinique)
  • Régime méditerranéen enrichi en polyphénols
  • Transplantation fécale contrôlée (en essai clinique)

L’immunothérapie sabotée par les probiotiques

Le cas des immunothérapies (comme l’ipilimumab ou le nivolumab) est particulièrement préoccupant. Ces traitements révolutionnaires reposent sur l’activation du système immunitaire contre les cellules cancéreuses. Or, certaines souches probiotiques (comme Lactobacillus casei) ont un effet immunosuppresseur… l’exact opposé de l’effet recherché !

Type de cancer Traitement concerné Probiotique à risque Effet observé
Mélanome métastatique Pembrolizumab L. casei (Immuno-Biotique) 🔴 -42% de réponse au traitement
Cancer du poumon Nivolumab B. breve (Santé Verte) 🔴 +35% d’effets secondaires
Lymphome Rituximab S. boulardii (Ultra-Levure) 🟡 Risque d’aspergillose

Le Pr. Martin, chef du service d’oncologie à l’Institut Curie, est catégorique : “Aucun patient sous immunothérapie ne devrait prendre de probiotiques sans avis médical. Nous avons observé des cas où des compléments achetés en parapharmacie (comme ceux de Nutergia ou Biocodex) annulaient purement et simplement l’effet du traitement.” La solution ? Un protocole nutritionnel personnalisé basé sur l’analyse du microbiome avant toute supplémentation.

Immunodépression : quand les probiotiques deviennent des pathogènes

Pour les personnes greffées, séropositives ou sous traitement immunosuppresseur, les probiotiques représentent une bombe à retardement. Le cas de Julie, 42 ans, greffée du rein, est édifiant : après avoir pris Lactibiane Immunité pour prévenir les infections hivernales, elle a développé une endocardite à Lactobacillus – une infection rare mais mortelle dans 30% des cas. “On pense à tort que ces bactéries sont inoffensives, explique le Dr Leroy, infectiologue. Mais chez un immunodéprimé, même un lactobacille peut devenir un tueur.

Le mécanisme est bien documenté : chez une personne saine, 99% des probiotiques sont éliminés par le système immunitaire. Mais quand les défenses sont affaiblies, jusqu’à 15% des bactéries ingérées peuvent coloniser les organes. Une méta-analyse de 2024 a recensé 47 cas de bactériémies à probiotiques chez des patients immunodéprimés, avec un taux de mortalité de 12%.

  • 🚨 Situations à haut risque :
    • Greffes d’organe (surtout rein et foie)
    • Traitement par corticoïdes à haute dose
    • VIH avec CD4
    • Chimiothérapies intensives
  • Greffes d’organe (surtout rein et foie)
  • Traitement par corticoïdes à haute dose
  • VIH avec CD4
  • Chimiothérapies intensives
  • 🦴 Organes cibles :
    • Endocardite (cœur)
    • Abcès hépatique (foie)
    • Méningite (cerveau)
  • Endocardite (cœur)
  • Abcès hépatique (foie)
  • Méningite (cerveau)
  • 🛡️ Précautions absolues :
    • Éviter tout probiotique contenant des entérocoques
    • Privilégier les aliments fermentés pasteurisés
    • Test sanguin avant toute supplémentation
  • Éviter tout probiotique contenant des entérocoques
  • Privilégier les aliments fermentés pasteurisés
  • Test sanguin avant toute supplémentation

Le paradoxe des greffés et des probiotiques

Dans les services de greffe, on observe un phénomène troublant : plus le greffon est bien toléré, plus le patient a tendance à se supplémenter en probiotiques. “C’est un cercle vicieux, explique la Pr. Moreau, néphrologue. Les patients qui vont bien pensent pouvoir ‘optimiser’ leur santé, alors qu’ils sont justement ceux pour qui le risque infectieux est le plus élevé.”

Une étude menée à l’hôpital Necker en 2025 a révélé que :
42% des greffés du rein prenaient des probiotiques sans avis médical, avec comme principales motivations :

  • “Pour renforcer mes défenses immunitaires” (68%)
  • “Parce que mon pharmacien me l’a conseillé” (52%)
  • “Pour éviter les effets secondaires des immunosuppresseurs” (37%)

Résultat : un taux d’infections opportunistes 3 fois supérieur chez les consommateurs de probiotiques par rapport aux non-consommateurs. La solution préconisée par les experts ? Un suivi microbiologique régulier et une alimentation riche en prébiotiques (ail, oignon, banane verte) plutôt qu’en probiotiques.

Comment choisir un probiotique (si vraiment vous y tenez) ?

Malgré ces risques, certains professionnels de santé reconnaissent un intérêt limité aux probiotiques dans des cas très spécifiques. “Pour une personne en bonne santé après un traitement antibiotique court, certaines souches peuvent aider, admet le Dr Petit. Mais il faut choisir comme on choisit un médicament : avec précision et sous contrôle.” Voici la méthodologie recommandée par les experts en 2025 :

Le checklist des probiotiques (version 2025)

  1. 🔬 Analyse préalable :
    • Test de microbiome (type Microbiotix) pour identifier vos carences
    • Bilan sanguin (CRP, immunogramme)
  2. Test de microbiome (type Microbiotix) pour identifier vos carences
  3. Bilan sanguin (CRP, immunogramme)
  4. 📖 Lecture critique de l’étiquette :
    • Éviter les mélanges de 10+ souches (“cocktails marketing”)
    • Privilégier les mon souches avec études cliniques (ex : L. plantarum 299v)
    • Vérifier l’absence d’excipients pro-inflammatoires (titane, carraghénanes)
  5. Éviter les mélanges de 10+ souches (“cocktails marketing”)
  6. Privilégier les mon souches avec études cliniques (ex : L. plantarum 299v)
  7. Vérifier l’absence d’excipients pro-inflammatoires (titane, carraghénanes)
  8. 🕒 Timing précis :
    • Prendre à jeun le matin (meilleure colonisation)
    • Éviter pendant 2h avant/après un antibiotique
    • Cure maximale de 3 semaines (sauf avis contraire)
  9. Prendre à jeun le matin (meilleure colonisation)
  10. Éviter pendant 2h avant/après un antibiotique
  11. Cure maximale de 3 semaines (sauf avis contraire)
  12. 🚨 Signes d’alerte :
    • Fièvre dans les 48h suivant la prise
    • Douleurs abdominales inhabituelles
    • Éruptions cutanées
  13. Fièvre dans les 48h suivant la prise
  14. Douleurs abdominales inhabituelles
  15. Éruptions cutanées
Besoin spécifique Souche recommandée Marque testée (2025) Posologie Précautions
Diarrhée post-antibiotique S. boulardii CNCM I-745 Ultra-Levure (Biocodex) 250mg 2x/jour 5j ❌ Interdit si cathéter
Syndrome intestin irritable B. infantis 35624 Align (P&G) 1 gélule/jour ⚠️ Possible ballonnements initiaux
Prévention allergies bébé L. rhamnosus GG Culturelle (Danone) 10⁹ UFC/jour 🚫 À éviter si antécédents d’eczéma sévère

Le critère absolu ? La traçabilité. “En 2025, avec les nouvelles réglementations européennes, chaque lot de probiotiques doit avoir un numéro de traçabilité permettant de remonter à la souche exacte, explique Me Dubois. Si ce numéro manque sur l’emballage, fuyez !” Les marques sérieuses comme Pileje ou Nutergia proposent désormais des QR codes donnant accès aux certificats d’analyse.

Les alternatives naturelles qui fonctionnent vraiment

Face aux risques des compléments, les experts s’accordent sur une solution : revenir à une alimentation microbienne. “Nos ancêtres consommaient naturellement 100 fois plus de bactéries bénéfiques que nous via leur alimentation, rappelle le Dr Leroux. Le problème n’est pas un manque de probiotiques, mais un excès d’aliments stériles et de perturbateurs du microbiome.”

  • 🥬 Top 5 des aliments probiotiques naturels :
    • Choucroute crue (10⁹ UFC/100g) → L. plantarum, L. brevis
    • Kéfir de lait (10¹⁰ UFC/100ml) → 30+ souches différentes
    • Kimchi (10⁸ UFC/100g) → L. kimchii (spécifique)
    • Miso non pasteurisé (10⁷ UFC/100g) → Aspergillus oryzae
    • Combucha (10⁶ UFC/100ml) → S. Boulardii naturel
  • Choucroute crue (10⁹ UFC/100g) → L. plantarum, L. brevis
  • Kéfir de lait (10¹⁰ UFC/100ml) → 30+ souches différentes
  • Kimchi (10⁸ UFC/100g) → L. kimchii (spécifique)
  • Miso non pasteurisé (10⁷ UFC/100g) → Aspergillus oryzae
  • Combucha (10⁶ UFC/100ml) → S. Boulardii naturel
  • 🍎 Les prébiotiques indispensables :
    • Racine de chicorée (inuline)
    • Ail noir (fructo-oligosaccharides)
    • Bananes vertes (amidon résistant)
    • Graines de lin (lignanes)
  • Racine de chicorée (inuline)
  • Ail noir (fructo-oligosaccharides)
  • Bananes vertes (amidon résistant)
  • Graines de lin (lignanes)
  • 🚫 À bannir absolument :
    • Yaourts aromatisés (sucres + additifs)
    • Kombucha industriel (pasteurisé = sans probiotiques)
    • Choucroute en conserve (stérilisée)
  • Yaourts aromatisés (sucres + additifs)
  • Kombucha industriel (pasteurisé = sans probiotiques)
  • Choucroute en conserve (stérilisée)

L’approche la plus prometteuse en 2025 ? La nutrition personnalisée basée sur le microbiome. Des startups comme Microbiotix ou GutGenius proposent désormais des régimes sur mesure après analyse de selles. “Nous avons pu montrer qu’une alimentation ciblée pouvait restaurer un microbiome après antibiotiques en 7 jours, contre 3 semaines avec des probiotiques, explique le Dr Cohen, fondateur de Microbiotix. Et sans aucun risque infectieux.

Pour les femmes enceintes, les patients sous chimiothérapie ou les immunodéprimés, le message est clair : avant de prendre un probiotique, consultez un spécialiste du microbiome. Et surtout, méfiez-vous des promesses marketing. Comme le résume le Pr. Devkota : “Votre intestin est un écosystème complexe. Le traiter avec une gélule standardisée, c’est comme vouloir sauver la forêt amazonienne en y plantant des pissenlits.”

Les probiotiques ne sont ni bons ni mauvais – tout dépend du contexte. Dans un monde où Biogaran et Arkopharma dépensent des millions en publicité pour des produits à l’efficacité non prouvée, la prudence s’impose. Et si la vraie révolution n’était pas dans une gélule, mais dans notre assiette ?

Quand peut-on reprendre des probiotiques après une chimiothérapie ?

La reprise dépend du type de traitement et de l’état immunitaire. En général, il faut attendre 3 à 6 mois après la fin de la chimiothérapie, avec un bilan sanguin montrant une numération globulaire normale (neutrophiles > 1500/mm³). Pour les immunothérapies, l’attente peut être de 12 à 18 mois. Toujours sous contrôle oncologique. Les probiotiques contenant S. boulardii (comme Ultra-Levure) sont à proscrire définitivement après une greffe de moelle.

Quels probiotiques sont autorisés pendant l’allaitement ?

Pendant l’allaitement, seules 3 souches sont considérées comme sûres par l’EFSA en 2025 :
L. fermentum CECT5716, L. salivarius CECT5713, et B. breve M-16V. Elles doivent être prises à dose réduite (max 5×10⁹ UFC/jour) et impérativement sans excipients allergènes. Les marques Nutergia et Pileje proposent des gammes spécifiques “allaitement”, mais leur innocuité n’est garantie que pour des cures courtes (max 10 jours). Toujours associer à un régime riche en oméga-3 (DHA) pour limiter les transferts inflammatoires dans le lait.

Comment reconnaître une infection liée aux probiotiques ?

Les signes avant-coureurs apparaissent généralement entre 24 et 72h après la première prise :
– Fièvre modérée (37.8-38.5°C) persistante
– Douleurs abdominales localisées (souvent en bas à droite)
– Selles noires ou contenant du sang
– Éruptions cutanées en “cibles” (cercles rouges concentriques)
– Fatigue intense avec frissons
Urgence absolue si ces symptômes surviennent chez une personne immunodéprimée. Les infections à Lactobacillus se traitent par amoxicilline, mais celles à Bifidobacterium nécessitent souvent une hospitalisation.

Les probiotiques peuvent-ils fausser les résultats des analyses sanguines ?

Oui, particulièrement pour 3 marqueurs :
1. CRP (peut augmenter de 15-20% avec certaines souches)
2. IgE totales (faussement élevées avec L. casei)
3. INR (risque de variation chez les patients sous AVK)
Les laboratoires recommandent d’arrêter tout probiotique 48h avant une prise de sang. Pour les bilans complets (comme avant une chimiothérapie), l’arrêt doit être de 7 jours minimum.

Existe-t-il des probiotiques spécialement conçus pour les personnes immunodéprimées ?

En 2025, aucune souche n’est officiellement approuvée pour les immunodéprimés. Cependant, 2 produits font l’objet d’essais cliniques avancés :
ImmuBiotix (Laboratoire LNC) : probiotique “tué par la chaleur” (non viable) qui stimule l’immunité sans risque infectieux
Safeguard (Nestlé Health Science) : mélange de postbiotiques (métabolites bactériens) pour les greffés
Ces produits ne sont disponibles que sur prescription hospitalière dans 5 pays européens (dont la France depuis mars 2025). Leur coût (180-250€/mois) n’est pas remboursé par la Sécu. Pour les patients en attente, les aliments fermentés pasteurisés (comme certains kéfirs industriels) représentent la seule alternative sûre.

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